jeudi 13 janvier 2011

Les Musées aiment-ils le public?

Bernard Hennebert sort sont quatrième ouvrage : 'les musées aiment-ils le public?' est une étude de la façon dont le visiteur est accueilli (ou non!) dans les musées en Communauté française, mais aussi ailleurs en Europe et dans le monde.
Basé sur des expériences personnelles, cet infatigable et perspicace visiteur nous mène, à partir d'exemples parlants, parfois drôles, mais aussi -hélas-consternants, vers une réflexion sur ce qu'est le bien de consommation culturel.
Il nous soumet une vision de ce que pourrait ou devrait être l'accès aux musées (et à la culture) pour tous.
Bernard Hennebert est aussi l'animateur de consoloisirs.be
Il a collaboré au déroulement du programme 'Aux Arts, etc.' à Verviers, en menant un groupe de visiteurs au musée en plein air du Sart-Tilman, sous la guidance de Mme F Debauve.

Deux rencontres avec l'auteur ont lieu ce 20 janvier 2011 à Bruxelles, ou encore ce 22 janvier 2011 à Liège.
Bruxelles : Hôtel Hannon, avenue de la Jonction 1 à 1060 Saint-Gilles
Liège : rendez-vous à 16 heures 15 précises au Grand Curtius, en Féronstrée 136 à 4000 Liège

Renseignements/ arrangement pour un déplacement collectif à Bxl ou Lg à partir de Verviers auprès de michele.corin@ccrv.be

dimanche 12 décembre 2010

Digression à partir de la rencontre avec nos écrivains, ce dimanche 12 décembre 2010 de 14 à 19 heures au Paradis Café (ancien manège) à Verviers

La venue à Verviers de Béatrice Szapiro, auteur de La fille naturelle (1997) qu’elle dédie à son père, Jean-Edern Hallier, est l’occasion d’aborder le chapitre extrêmement délicat et risqué des auteurs et artistes infréquentables parce que frappés de l’accusation d’antisémitisme.
La liste est longue :
Hallier (mort en 1997) est connu pour ses propos antisémites dans L’Idiot International, au sujet duquel s’est cependant tenue une (modeste) exposition à la Mairie du VIème arrondissement de Paris en mars 2009, considérée comme scandaleuse.
Marc-Edouard Nabe, né en 1958 à Marseille, collaborateur de JE Hallier, est l’auteur de l’antisémite Au régal des vermines (1985), réédité en 2005. Nabe était soutenu, au nom du style, en 1985 par Michel Polac et de nos jours par les chroniqueurs du Nouvel Observateur, Aude Lancelin et Delfeil de Ton, ainsi que par le chroniqueur Eric Nolleau (en 2009) : «Moi je pense que c’est un grand écrivain, Nabe. Mais jamais on ne va aller dans le détail de son texte, on va dire “antisémitisme”, on va parler de ses frasques, on va sortir du contexte tel ou tel passage, mais jamais on ne va parler du texte. Voilà, ça va être le personnage qui va occulter, pour toujours je le crains, l’écrivain véritable qu’il est.»
Le dessinateur Siné, connu pour ses idées anarchistes, a publié en 2008 dans Charlie Hebdo un texte aux relents antisémites. Son licenciement a été dénoncé par Philippe Geluck et Guy Bedos, parmi tant d’autres.
Jean-Luc Godard : son antisémitisme fait grand débat depuis le livre de Richard Brody (2008).
Même Pierre Assouline peut être cité, bien qu’il ait relayé les accusations contre Godard, parce qu’il s’est joint aux adversaires de Bernard-Henri Lévy, accusés d’antisémitisme. Pierre Assouline est connu en Belgique pour ses biographies de deux personnalités qui ont alimenté des débats dans lesquels on a pu les qualifier d’antisémites de jeunesse : Georges Simenon et Hergé.
Pierre Péan, après son livre Le monde selon K (2009), se voit accusé d’avoir glissé sur un terrain nauséabond en dressant le portrait d’un Bernard Kouchner, adepte du cosmopolitisme et de l’affairisme, deux calomnies utilisées généralement par l’antisémitisme.
On ajoute bien sûr à la liste l’humoriste Dieudonné aujourd’hui soutenu par Bruno Gaccio (ex-Guignols de l’info) et Alexandre Astier (Kaamelott), le philosophe Edgar Morin qui a soutenu Siné, et d’autres moins connus dans notre pays.

Cela donne un tableau d’une extrême complexité. Il y a comme un trop-plein d’accusations qui tue les accusations. Et ce qui trouble particulièrement est le fait que les intellectuels (français) se partagent et s’opposent frontalement sur un sujet qui mériterait plus de respect. Comment donner encore du crédit à ces accusations d’antisémitisme quand elles semblent balayées (ou tournées en ridicule) par des soutiens de personnalités renommées et reconnues ?

Une part de la complexité réside dans le fait que les accusateurs se trompent (ou exagèrent) : ils confondent antisémitisme et antisionisme. Tout antisioniste serait nécessairement accusé à tort d’être antisémite. Le problème tient d’ailleurs aussi au fait des accusés qui jouent volontiers sur les deux tableaux en s’abstenant de tracer une limite claire.

L’égalité des droits entre les Juifs et les Arabes, sur une terre de Palestine unie et démocratique, peut représenter la solution de l’avenir. Elle permettrait sans doute de faire cesser cette activité, somme toute peu formative sur le plan de la morale, des intellectuels du pays voisin : accuser ou se défendre d’antisémitisme.

samedi 4 décembre 2010

correctifs

Des lecteurs attentifs se sont manifestés pour rappeler que 'Gangolf' et 'Tinguely' s'écrivent ainsi.

Merci à eux !

C'est l'occasion de Cliquer ici pour une illustration des propos tenus par Mme Degauque lors de son intervention, samedi dernier.

mardi 30 novembre 2010

Histoire de l'art public

Le 27 novembre 2010, se déroula la séance de réflexion sur l'art public et l'artiste contemporains, clôturant la contribution verviétoise au programme provincial en faveur de l'art public et de la citoyenneté.
Une trentaine de personnes en provenance de Verviers (ou de l'arrondissement) écoutèrent les interventions et y réagirent.
Première intervenante, Madame Degauque, professeur d'art et d'histoire de l'art, balaya l'art public depuis les cavernes jusqu'à ce jour.
On en retint notamment que l'oeuvre naît du regard du spectateur, et l'on nota l'intérêt qu'il y a à exercer ce regard.
Les modalités d'une éducation artistique (et culturelle en général) pourraient être examinées prochainement à Verviers.

Le compte rendu de l'intervention et des réactions sur l'histoire de l'art public est disponible ici.

jeudi 25 novembre 2010

Un avant-goût des débats auxquels vous êtes conviés ce samedi 27 novembre 2010

Télévesdre a interrogé l'un de ceux qui interviendront à la séance consacrée à l'art public et l'artiste contemporains, ce samedi 27 novembre 2010 à Verviers :
Adrian Jurado, artiste mexicain résident à Bruxelles, parlera de l'expérience mexicaine en art public, et puisera dans sa pratique les exemples d'un art engagé.
Selon lui, l'artiste a une responsablilité, un rôle à jouer dans la société. Les impératifs financiers, politiques, les effets de mode risquent de l'en détourner.
Rejoignez-nous pour continuer la discussion, ce samedi 27 novembre 2010 au polygone de l'eau à Verviers.

lundi 22 novembre 2010

vernissage des expositions Waterleau et Art public et Eau

Lors du vernissage des expositions entourant l'après-midi qui sera consacrée aux réflexions sur l'art public et l'artiste dans la société actuelle, Jean-Bernard Barnabé, Président de l'asbl Les Amis des Musées de Verviers, a bien cerné les contours du sujet :
"Que signifie l'expression art public? La commande publique ne concerne pas uniquement l'érection d'une statue (équestre, funéraire, ornementale), d'un monument figé pour l'éternité, ni même la conception d'un décor. Bien au contraire, commanditaires et atistes ont cherché à rompre avec cette terminologie pour confronter le passant à des formes nouvelles : une inscription murale, des caissons lumineux, des médaillons inscrits dans le sol, du mobilier, le traitement d'une place ou encore de la poésie. La notion d'espace public s'est d'ailleurs considérablement diversifiée et complexifiée. Si l'espace public fait immédiatement allusion à la ville, d'autres espaces sont à investir, et notamment l'espace virtuel du Web et des nouvelles technologies qui ne sauraient échapper au créateur. (...)".

La discussion promet d'être à la fois bien documentée, grâce aux orateurs, et passionnante...si vous nous rejoignez pour faire part de vos opinions sur l'art public et la relation de l'artiste avec la société.

Que vous soyez artiste, décideur, technicien, ou simple citoyen désireux de mieux comprendre la chose publique, rendez-vous ce samedi 27 novembre de 14 à 18 heures au polygone de l'eau, rue de Limbourg 41B à Verviers.

Entrée libre
Réservation souhaitée

samedi 20 novembre 2010

Pourquoi parle-t-on le français (ou presque) à Verviers ? (4ème partie)

A la fin du VIIème siècle, la région de Verviers est sous l’influence de la Principauté de Stavelot-Malmedy, dirigée par un prince-abbé, vassal. Les propriétés abbatiales sont soustraites partiellement à l’autorité du roi des Francs (système de l’immunité fiscale et autonomie pour la basse justice).

Un des princes-abbés, Saint-Anglin, qui régna 44 ans (jusqu’en 746), est connu grâce à un diplôme de Chilpéric III dans lequel le maire du palais, Carloman, fils de Charles Martel, restitue Lethernau (Lierneux) à l’Abbaye de Stavelot. Ce découpage inattendu reste d’actualité : Lierneux, excroissance de la Province de Liège dans celle du Luxembourg, fait partie de l’arrondissement de Verviers.

De son côté, Liège connaît un essor rapide grâce à l’évêque Saint-Hubert, dès 722, au détriment de Maastricht et de Tongres. En effet, étonnamment, ce n’est qu’à partir de cette date que l’on peut considérer Liège comme une cité qui ‘compte’. On peut émettre l’hypothèse qu’en réalité, Liège (villa Leodia) était une position de repli pour l’église, davantage distante de l’influence païenne des
Frisons qui ne s’évangélisèrent qu’en 785.

L’Abbaye de Stavelot
est placée sous le contrôle de l’Eglise de Cologne. Le parcours de Saint-Agilolfe, abbé de Stavelot, évêque de Cologne (en 747), qui, ayant abdiqué, serait, selon certaines sources, revenu à Stavelot, témoigne des liens entre les deux sites.

L’influence organisatrice de Saint-Boniface de Mayence (tué en 754 par les Frisons à Dokkum) est également importante : Saint-Boniface est à l’origine du ‘coup d’Etat’ qui mit fin au règne de la dynastie mérovingienne en 751.
Cela étant, l’Eglise catholique de Cologne emploie le latin et ne participe pas à la diffusion de l’idiome moyen-allemand.

Reprenons brièvement l’histoire des Carolingiens, soit celle de la prise du pouvoir d’une famille au sein des institutions franques : elle débute, en 630, avec le mariage de la fille de Pépin de Landen (maire du Palais d’Austrasie) avec le fils de Saint Arnulf, évêque de Metz issu d’une vieille lignée de l’aristocratie franque. De ce mariage naquit Pépin de Herstal qui prendra le contrôle des royaumes francs en 690.

Pourquoi Herstal ? Herstal est situé le long de l’ancienne voie romaine reliant Tongres à Trèves (et à Aix-la-Chapelle en bifurquant vers Herve à Fléron) qui traverse à cet endroit la Meuse (gué). Au VIIème siècle, il faut attendre l’été pour passer le fleuve pour partir en guerre vers l’est. Disposer d’un palais à Herstal présente un avantage stratégique à une époque où il faut contrôler la Neustrie (Paris) et l’Austrasie (Cologne). Les Carolingiens bâtissent également une résidence à Jupille, en face d’Herstal.

Pépin de Herstal meurt en 714 et après quelques péripéties, le fils issu de son second mariage, Charles Martel devient de facto souverain du royaume des francs, sans porter le titre de roi, de 717 à 741 (en 737, il décide même de ne pas remplacer le roi Thierry IV, décédé).

C’est un des fils de Charles Martel, Pépin le Bref, qui met fin en 751 à la dynastie mérovingienne et devient roi des Francs. Charlemagne, un de ses fils, devient roi des Francs en 768. Empereur d’Occident, il meurt en 814.

Après le règne de Charlemagne qui a soumis progressivement les Saxons, païens (797-804) et qui a créé les Etats pontificaux (774), c’est la grande aventure lotharingienne (traité de Prüm, 855 et ses suites : création de la Francie orientale ; Saint Empire germanique) et l’émiettement du territoire en une multitude de comtés et de duchés, dont le Duché de Limbourg à la longue histoire (1046-1806, sous domination du Brabant à partir de 1268), entité multilingue s’il en est.

Et les langues dans tout cela ? Il est permis de penser que les rois francs et les carolingiens continuèrent à parler le francique rhénan, dans la mesure où une de leurs préoccupations était d’élargir le royaume d’Austrasie vers l’est, ce que fit avec succès Charlemagne, qui avait fixé sa résidence principale à Aix-la-Chapelle. Mais l'unification politique réussie par Charlemagne ne dura pas assez longtemps pour que celui-ci imposât dans tout son empire une langue germanique.

Un élément historique nous apprend comment les langues ont évolué sous les Francs. En effet, le concile de Tours de 813, réuni à l'initiative de Charlemagne, prend une décision remarquable : dans les territoires correspondant à la France et l'Allemagne actuelles, les homélies ne seront plus prononcées en latin mais en «rusticam Romanam linguam aut Theodiscam, quo facilius cuncti possint intellegere quae dicuntur », c’est-à-dire dans la « langue rustique romaine » («langue romane de la campagne») ou dans la « langue tudesque » (germanique), afin que tous puissent plus facilement comprendre ce qui est dit ». (Canon 17)

C'est l'une des plus anciennes preuves qu'à cette époque le latin n'était plus ni parlé, ni compris par le peuple.

C’est du IXème siècle que proviennent les premières traces écrites d’une langue romane séparée du latin, précédant la langue d’oil : les Serments de Strasbourg (842) sont écrits en roman et en langue tudesque.

On peut douter que la version «romane» de ce traité entre deux princes carolingiens appartienne vraiment à la langue courante de l’époque. La version romane des Serments ne peut être considérée comme une représentation de la langue parlée au IXe siècle, car il ne s'agit nullement de la «langue romane rustique» parlée à l'époque, mais plutôt d’un texte rapporté par des lettrés et destiné à la lecture à haute voix.

Et Verviers ? Verviers, qui n’est citée qu’en 1131, est-elle habitée sous Charlemagne ? On note en tout cas que le site de Spa, habité aux IIème et IIIème siècles, est vraisemblablement abandonné au siècle suivant. Il faudra attendre le 12e siècle pour y retrouver les traces d'une occupation, selon les archéologues.